FinanzlochVoilà mon 2ème rendez-vous avec Michel, mon nouveau client.

Michel a 45 ans et cela fait 5 ans maintenant qu’il a créé son entreprise dans le secteur de l’hygiène. Il intervient de 3 façons chez ses clients : par le conseil, par la formation (de la direction et des équipes) et par les interventions techniques.

Il travaille maintenant avec une équipe de 5 personnes.

Nous  nous sommes mis d’accord pour travailler ensemble lors de notre premier rendez-vous, Michel a décrit son métier, ses process, ses contraintes.

Sa secrétaire enregistre les factures envoyées aux clients, les factures des fournisseurs, les encaissements et les règlements.

Je viens faire le point aujourd’hui sur les obligations sociales et fiscales.

Michel est très content. Il me fait part de sa satisfaction car 2 de ses clients l’ont enfin payé et la trésorerie ce 25 mars se porte bien, dit-il.

–              « J’ai besoin d’investir dans une nouvelle machine, qui nous aiderait beaucoup sur les chantiers et nous rendrait beaucoup plus efficaces. Je vais la payer au comptant. Je serai tranquille ! qu’en pensez-vous ? »

–              « Vous reste-t-il des factures à encaisser ? »

–              « Oui, un peu, mais en grande partie dans 30 jours puis dans 60 jours.

–              « Et les salaires à la fin du mois ?

–              « C’est environ 12 ou 13000 € pour les 5 salaires

–              « Vous devez les payer le 28 ?

–              « C’est cela, je suis attentif à ce que les gens disposent de leur salaire le 30 du mois sur leur compte !

–              « Nous sommes à la fin du trimestre, donc vous allez devoir payer les charges sociales pour le 15 avril, si vous me dites que les salaires nets versés s’élèvent à 12 000 € chaque mois, cela veut dire que vous devez verser … voyons, environ 30 000 € à 32 000 €.

–              « Ah oui ! c’est vrai !

–              « Et les fournisseurs ?

–              « Nos charges sont en moyenne de 7 à 8 000 € chaque mois et nous versons aussi le loyer. Nous faisons partir nos règlements le 2, les fournisseurs sont ainsi payés le 3 ou au plus tard le 5.

–              « Donc si je récapitule, vous sortez 10 000 €, dirons nous, pour vos fournisseurs, 13 000 € pour les salaires et 32 000 € pour les charges sociales, et la tva, nous n’en avons pas parlé, si je calcule rapidement, il y a là à nouveau 12 000 € à payer.

–              « Ah oui ! ça fait un total de combien ?

–              « Presque 70 000 € !

–              « 70 000 € ! alors, je n’ai plus d’argent !

–              « Non ! mais vous faites face à toutes vos échéances !

–              « Eh bien ! moi qui me croyais riche ! c’est toujours pareil, qu’est ce qu’on rame !

Michel semble un peu vexé, un peu abattu : le poids des charges peut-être ?

–              « Michel, avez-vous une vision claire de votre trésorerie pour les mois qui viennent ?

–              « Non, c’est le grand flou, et avec toute ces charges qui nous prennent tout, on ne sait jamais où on en est !

–              « Si vous disposiez d’un outil qui vous permettent d’y voir un peu plus clair ?

–              « Ah bien sûr !

–              « Je vous propose que nous mettions ensemble au point quelque chose de très simple

–              « Vous allez passer du temps et prendre des honoraires !

–              « Certes, je vais passez un peu de temps, mais ce que je vous propose c’est de mettre en route le système puis de vous former ou de former votre secrétaire

–              « Dans ce cas … !

–              « L’information reste chez vous et elle est immédiate, vous la maîtrisez ! De temps en temps, régulièrement, nous examinerons le tableau ensemble pour en tirer les enseignements

Nous avons donc mis en place un tableau très simple des encaissements et des décaissements pour les semaines à venir jusqu’à la fin de l’année en cours.

Puis une après midi, un mois plus tard, nous avons travaillé ensemble sur le budget de l’année à venir.

Et delà nous avons bâti ensemble le budget de trésorerie des 12 mois à venir.

Une semaine plus tard, Michel m’appelle :

–              « Véronique, j’ai transmis nos tableaux au banquier, Il a beaucoup apprécié la clarté des documents et de voir à quels périodes il y avait quelques difficultés mais aussi que globalement l’avenir est positif.

–              Il va donc vous aider ?

–              Oui, le dialogue est cette fois bien établi ! mais il me demande ce tableau tous les 3 mois maintenant !

–              Cela vous ennuie ?

–              Oui ! enfin non ! encore une obligation !

–              Vous devez tenir ces tableaux à jour en permanence, cela va rentrer dans vos réflexes.

–              Oui, je suis d’accord, j’ai déjà pu relancer des clients qui traînaient un peu la patte sur les factures qu’ils me doivent !

–              Et la tension diminue !

–              Oui je suis mieux, je vois réellement plus clair.

Pas d’excuse aujourd’hui pour ne pas avoir de gestion de trésorerie même si on ne gère qu’une toute petite, toute petite entreprise. Quand la vue baisse, on porte des lunettes à sa vue.

Nous avons la chance en 2014 de disposer de tas d’outil très peu chers pour installer cette gestion et encore plus simplement du tableur. Une comptabilité à jour, ça aide beaucoup aussi.

Je gère une entreprise, alors j’ai à ma disposition un tableau tout simple où je pose les recettes attendues et les dépenses prévues : entre 1/2 heure et 1 heure chaque semaine mais quelle liberté d’esprit !

Nb : cette histoire est vraie, les noms, objet social ou autre moyen d’identification ont été modifiés.

véronique mascré

365 jours dans la vie d’un expert-comptable