365 jours dans la vie d'un expert-comptable.141Un expert comptable, ça coûte cher ! mon expert-comptable me coûte cher !

Mais quelque chose a été supprimé de cette phrase qui permettrai de la rendre totalement compréhensible : cher … par rapport à quoi ? cher … dans quel contexte?

La prestation de l’Expert-Comptable s’organise en 2 composantes claires : le temps passé et le niveau technique de la prestation réalisée. Le vocable Expert-comptable, regroupe en fait de nombreux métiers, diverses compétences qui s’emboîtent de façon verticale un peu comme des poupées russes.

Tenir une comptabilité, c’est quoi exactement ?

C’est un métier et comme bien des métiers, ce sont d’abord des gestes : voyez le boulanger, l’ébéniste ou le menuisier : quels sont les gestes du comptable ?

1 – Classer

Classer du papier (pour l’instant encore du papier, mais cet instant va durer encore un bon bout de temps). Ces papiers sont la traduction des mouvements économiques de l’activité inventoriée : j’achète, je dépense, je vends, j’encaisse. Classer est un travail long, minutieux et fastidieux, qui demande beaucoup de savoir faire dans le sens de l’efficience : méticulosité, dextérité, patience, rigueur, culture d’entreprise, culture métier.

Vous brassez des tas de feuillets de taille différentes pour lesquels il est nécessaire de trouver une astuce pour qu’il ne s’égare pas : le mieux est d’agrafer le feuillet en question sur une feuille au format A4 de façon à ne plus à avoir qu’un bloc uniforme. Cela prend du temps.

Ensuite, on prendra soin de numéroter les documents. Cela prend du temps.

Vous pourrez aussi perforer les feuilles pour les mettre dans un classeur à anneaux : cela prend beaucoup de temps. Je préfère personnellement une chemise à sangle bien serrée.

Le meilleur ouvrier pour effectuer ce travail n’est pas le comptable mais la personne qui est à l’origine du mouvement (du papier). Mais, ajoutons tout de même, que le comptable compétent est la personne la mieux formée pour répondre à cette tâche quand elle est déléguée.

(On peut imaginer que, dans quelques années, lorsque vous paierez une facture dans un magasin, ou au restaurant avec votre client préféré, avec votre carte bancaire, une connection informatique parallèle injectera la facture sur votre logiciel comptable, l’accès étant programmé dans la puce de votre carte bancaire. Il ne vous restera plus qu’à accepter la facture lors de la mise à jour de votre comptabilité ; Plus de papier à manipuler, plus de risque de perte, et une comptabilité parfaitement en règle.)

2 – Coder

Tout l’intérêt de la comptabilité est de synthétiser en un document de quelques pages, voir quelques lignes, les mouvements vu ci-dessus.

La saisie des informations sera réalisée de telle façon que le résultat obtenu aura du sens : Qu’est ce qui, alors, peut donner du sens sur de tels documents ?

La date, certainement, le montant, sûrement, mais aussi la personne à qui on doit de l’argent, ou qui nous en doit, peut être la nature de ce que l’on a dépensé ou que l’on a facturé.

Le comptable va donc écrire ces éléments sur de très longs documents organisés en colonnes de façon à former des listes homogènes.

Et devant chaque ligne de la liste, il va entrer un code, selon un plan rigoureux, selon la nature des opérations réalisées.

Ce travail demande esprit d’analyse, connaissance parfaites de ses outils (plans de comptes, logiciels aujourd’hui, décalques il y a a peine 30 ans) et de leur maniement, précision, rigueur, sens du chiffre.

3-Contrôler

Le travail d’encodage réalisé, il s’agit de vérifier que toutes les opérations se dénouent bien entre elles :

  • Que chaque dépense trouve sa facture,
  • Que chaque recette ait fait l’objet d’une facture ou se trouve justifié par un document légal,
  • Que le solde qui apparaît dans mon compte en banque est comparable à celui que la banque m’annonce dans ses livres à elle,
  • Que les fournisseurs sont payés,
  • Que les clients m’ont payés et sinon pourquoi,
  • Que les impôts sont enregistrés,

Et ainsi pour tous mouvements de la vie de l’entreprise qui trouvent une traduction dans la comptabilité.

Ajoutons que le travail de contrôle ne se limite pas au travail mécanique que je viens de décrire. Il est complété de nombreux contrôles transversaux par rapport au respect de la législation (conformité formelle des factures, règles de tva et autres règles fiscales, règles sociales, droit des contrats, cohérence d’ensemble, cohérence des éléments entre eux).

Enfin, avec cette base saine, il sera possible d’éditer des synthèses.

4-Synthétiser

Une fois les informations encodées et contrôlées, il est très simple avec les outils d’aujourd’hui d’éditer l’information sur un mode synthétique et exploitable : les chiffres sont rassemblés dans leur différentes fiches (cela s’appelle un compte) :

Les fiches peuvent être éditées sur un mode détaillée (chaque montant est lisible et fait référence au document d’origine) ou de façon synthétique : les comptes sont eux-mêmes rassemblées en différentes masses, en fonction de leur signification.

Le premier modèle (détaillé) s’appelle un « grand livre ». Le second modèle (condensé) s’appelle une « balance ».

Cette balance peut elle-même faire l’objet d’un classement encore plus condensé qui donnera le bilan et le compte de résultat.

Aujourd’hui, l’édition de ces documents est entièrement automatisée.

Et les documents sont fiables, les informations qui s’y lisent sont exhaustives, vérifiées et vérifiables grâce au travail méticuleux des 3 étapes précédentes.

On peut s’arrêter là : la comptabilité est à jour…

Mais cela est bien dommage car c’est là que tout commence !

Vous vous êtes en effet donné un bel outil avec lequel, après avoir compté, vous allez pouvoir gérer et piloter, nous verrons comment

… à suivre.

« – Il fait tout ça mon comptable ?

– Tout ça !

– Cher le comptable ?

– Heu !!! »

véronique mascré

365 jours dans la vie d’un expert-comptable